Assemblée nationale, Rapport d'information n° 3170 (2006): Giat Industries — suivi des mesures sociales d'accompagnement
N° 3170
——
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
DOUZIÈME LÉGISLATURE
Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 20 juin 2006.
RAPPORT D’INFORMATION
DÉPOSÉ
en application de l’article 145 du Règlement
PAR LA COMMISSION DE LA DÉFENSE NATIONALE ET DES FORCES ARMÉES
sur Giat Industries : suivi des mesures sociales d’accompagnement
ET PRÉSENTÉ PAR
MM. JEAN-CLAUDE VIOLLET ET JEAN-CLAUDE MIGNON,
Députés.
——
— 3 —
SOMMAIRE
_____
Pages
INTRODUCTION .......................................................................................................
7
I. — LE PLAN « GIAT 2006 » PRESENTE LE 7 AVRIL 2003 ............................................
9
A. ADAPTER L’ENTREPRISE AU NOUVEL ENVIRONNEMENT STRATEGIQUE .............
9
1. Le sixième plan social en seize ans ...............................................................
9
2. Une nouvelle réduction drastique des effectifs................................................
10
B. LE VOLET HUMAIN DU PLAN « GIAT 2006 » ..........................................................
11
1. Le nombre de postes supprimés a évolué ......................................................
11
2. Les possibilités offertes aux salariés perdant leur emploi ................................
12
C. TOUS LES SITES SONT CONCERNES .................................................................
13
D. L’ACTION DES PARTENAIRES SOCIAUX ..............................................................
14
1. Les critiques syndicales du plan « Giat 2006 » ...............................................
14
2. L’introduction d’une action en justice .............................................................
15
E. L’ACTION MENEE SUR LES BASSINS D’EMPLOI ...................................................
15
II. — LA SITUATION EN JUIN 2006 ..............................................................................
17
A. UN BILAN STATISTIQUE RELATIVEMENT SATISFAISANT ......................................
17
1. Des chiffres encourageants ...........................................................................
17
2. Les faits marquants enregistrés depuis le début de l’année 2006 ....................
19
3. Le rôle exemplaire du ministère de la défense................................................
20
4. La mauvaise volonté de certaines administrations ..........................................
21
5. Le travail des « relais mobilité » mérite d’être salué ........................................
21
6. Un objectif officieux : zéro licenciement..........................................................
22
B. DANS UN CLIMAT SOCIAL APAISE, LES FREINS AU RECLASSEMENT
PERDURENT .....................................................................................................
22
1. Une évolution notable de l’attitude des syndicats............................................
22
2. Les principaux freins au reclassement ...........................................................
23
C. UN IMMENSE TRAVAIL D’ACCOMPAGNEMENT HUMAIN .......................................
24
1. La mise en place d’un soutien psychologique .................................................
24
2. Un personnel confronté à un manque de confiance ........................................
24
— 4 —
3. La nécessité de maintenir un lien social .........................................................
25
D. LES AMENAGEMENTS MARGINAUX QUI SEMBLENT SOUHAITABLES....................
25
1. Favoriser les embauches publiques locales ...................................................
25
2. Promouvoir la promotion interne ....................................................................
26
3. L’extension des mesures d’âge est-elle opportune ? ......................................
26
E. MOTIVER LES SALARIES QUI RESTENT ..............................................................
26
1. La situation des cadres a été améliorée .........................................................
26
2. Vers une renégociation de l’accord d’entreprise ? ..........................................
27
III. — UN GÂCHIS FACILITÉ PAR UN ACTIONNAIRE PEU AVISÉ ...................................
28
A. UNE IMPRESSION DE GACHIS QUI PERSISTE......................................................
28
1. La disparition d’un savoir-faire .......................................................................
28
2. L’essaimage a-t-il été mené à son terme ? .....................................................
28
B. UNE DIRECTION GENERALE QUI A MIS DU TEMPS A EVOLUER ............................
29
1. Une direction interdite dans ses propres établissements .................................
29
2. Un renouvellement en profondeur ..................................................................
30
C. LA RESPONSABILITE DE L’ACTIONNAIRE UNIQUE ...............................................
30
1. L’Etat a fait tenir à Giat un rôle qui n’était pas le sien ......................................
30
2. L’entreprise n’a jamais réellement décidé de sa stratégie ...............................
31
IV. — LA SITUATION INDUSTRIELLE DE L’ENTREPRISE ..............................................
32
A. L’ACTION DE L’ETAT EN MATIERE DE COMMANDES PUBLIQUES..........................
32
1. Les engagements initiaux de l’Etat.................................................................
32
2. Des commandes globalement satisfaites .......................................................
32
B. LES PERTURBATIONS INDUSTRIELLES RENCONTREES ......................................
34
C. LA SITUATION DU LECLERC ...............................................................................
34
1. Un programme qui s’est étalé démesurément ................................................
34
2. Des problèmes qualitatifs ..............................................................................
35
3. Le point sur les livraisons ..............................................................................
36
4. Un litige malheureux avec les Emirats arabes unis .........................................
36
D. LES AUTRES BLINDES .......................................................................................
37
1. Les mésaventures de l’AMX 10 RC ...............................................................
37
2. Les programmes EBG et AUF 1 ....................................................................
38
— 5 —
3. De l’espoir, malgré un creux d’activité en 2006 et 2007 ..................................
38
V. — QUEL AVENIR POUR LE NOUVEAU GIAT ? .........................................................
41
A. DES RESULTATS FINANCIERS QUI SE REDRESSENT ..........................................
41
1. Les lourdes pertes de 2003 ...........................................................................
41
2. La recapitalisation de 2004 ............................................................................
41
3. Les bons résultats de 2005 ...........................................................................
41
4. Les prévisions pour 2006 ..............................................................................
42
B. LES RAISONS D’ESPERER..................................................................................
43
1. Un profond changement de la typologie de l’entreprise ...................................
43
2. Une forte hausse du chiffre d’affaires par salarié ............................................
44
3. Une politique d’achat revue en profondeur .....................................................
44
4. L’évolution du management...........................................................................
45
C. LA PERENNITE DE L’ENTREPRISE PASSE PAR UNE ALLIANCE ............................
45
1. Une nouvelle organisation structurelle ...........................................................
45
2. La place de Giat Industries sur le plan international ........................................
45
3. Une double stratégie d’alliance ......................................................................
46
CONCLUSION ..........................................................................................................
49
EXAMEN EN COMMISSION .....................................................................................
51
ANNEXE ...................................................................................................................
53
— 7 —
INTRODUCTION
La société d’armement Giat Industries, créée par la loi n° 89-924 du 23
décembre 1989, est sur le point de boucler, au 30 juin 2006, son sixième plan de
restructuration en seize années d’existence : le plan « Giat 2006 ». Depuis sa
création, les effectifs de cette société auront été réduits de 80 %. Le dernier plan
social aboutit, à lui seul, à une réduction des effectifs supérieure à 50 % en trois
ans.
Parallèlement, tous les exercices financiers de la société se sont avérés
déficitaires, à l’exception de celui de l’année 2005 qui a dégagé un excédent de 12
millions d’euros. Dans le même temps, Giat Industries a bénéficié de huit
recapitalisations portant sur un montant total de près de 4,5 milliards d’euros.
Dans un monde où le risque d’un affrontement lourd à l’arme blindée sur
les plaines d’Europe centrale semble avoir été remplacé par une menace plus
diffuse, une société comme Giat, longtemps spécialisée dans les blindés et
l’artillerie devait se remettre en cause profondément sous peine de disparaître.
Aux yeux de beaucoup d’observateurs, le plan « Giat 2006 » qui ramène les
effectifs de la société à un niveau d’étiage de 2 880 salariés, apparaît comme le
plan de la dernière chance : si elle s’avérait incapable d’évoluer et de conquérir de
nouveaux marchés, la société risquerait alors de disparaître définitivement. La
question de sa survie a été clairement posée.
Longtemps ignorée par le contrôle parlementaire, en dépit d’erreurs
manifestes de gestion et de recapitalisations fréquentes et onéreuses, la société a
fait l’objet d’un premier rapport parlementaire présenté par MM. Yves Fromion et
Jean Diébold le 17 décembre 2002. Les auteurs concluaient alors à la nécessité
pour la France de refuser la disparition de Giat, sous peine de priver notre pays de
compétences exceptionnelles. L’étude concluait toutefois à une indispensable
adaptation de l’entreprise à un marché peu favorable.
L’encre de ce rapport avait à peine séché que la direction de Giat
industries annonçait, le 7 avril 2003, la mise en place de l’actuel plan « Giat
2006 », industriel mais aussi social, puisque destiné à supprimer, dans sa première
version, 3 950 emplois.
— 8 —
Sans vouloir remettre en cause les nécessaires évolutions industrielles de
la société d’armement, la commission de la défense décidait rapidement de se
saisir du volet social de ce plan et de suivre l’évolution du processus de
reclassement des nombreux salariés dont le poste était supprimé.
Engagée dans la durée, la mission d’information créée le 25 juin 2003
s’est tenue régulièrement informée du déroulement du plan social, des succès
obtenus ainsi que des difficultés rencontrées. Des communications ont été
présentées devant la commission.
Pour se forger leur propre opinion et rendre leur travail le plus objectif
possible, les rapporteurs ont visité les principaux sites industriels de Giat, en
particulier ceux appelés à disparaître. Ils ont ainsi pu rencontrer in situ les salariés
et entendre aussi bien les équipes de direction que les représentants du personnel.
Plusieurs élus locaux ont également été entendus à cette occasion.
La mission a certes éprouvé un sentiment de tristesse, voire de gâchis
devant la fermeture de sites qui ont fabriqué, depuis parfois plusieurs siècles, les
armes qui servirent à défendre la France. Il en est ainsi du site de Saint-Chamond
qui produisit des chars d’assaut lors de la première guerre mondiale. Néanmoins,
les rapporteurs ramènent de leur mission la conviction que cette société mérite
d’être sauvée et que les efforts déployés par l’ensemble des acteurs vont
probablement permettre d’atteindre cet objectif. Les résultats financiers publiés
pour l’exercice 2005 la renforcent.
*
Le rapport rappellera dans une première partie les caractéristiques du plan
« Giat 2006 » ainsi que ses conséquences. Puis, il s’attachera principalement à
présenter le plus fidèlement possible la situation sociale telle qu’elle apparaît à
quelques jours de l’achèvement du plan. Une troisième partie tentera d’analyser
les causes de ce qui apparaît comme un gâchis, aussi bien social qu’industriel.
En effet, bien qu’étant essentiellement mandatés pour suivre l’évolution
sociale de la société, les rapporteurs ont jugé de leur devoir de s’intéresser aux
grandes lignes de l’aspect industriel du plan qui conditionne aussi bien la réussite
de l’aspect social que l’avenir des salariés qui restent dans l’entreprise. Le rapport
présentera donc, dans une quatrième partie la situation et les perspectives
industrielles de l’entreprise avant d’insister, dans une dernière partie, sur les
raisons de croire en la survie du groupe Giat Industries.
— 9 —
I. — LE PLAN « GIAT 2006 » PRESENTE LE 7 AVRIL 2003
A. ADAPTER L’ENTREPRISE AU NOUVEL ENVIRONNEMENT STRATEGIQUE
1. Le sixième plan social en seize ans
La direction de Giat Industries a annoncé, le 7 avril 2003, la mise en
œuvre d’un nouveau plan social « Giat 2006 », le sixième depuis 1990, époque où
le groupe comptait 14 000 salariés, auxquels s’ajoutaient 4 000 personnes dans ses
filiales.
La diminution drastique des effectifs a été obtenue par cinq plans
successifs. Le dernier d’entre eux, le PSES (plan stratégique, économique et
social), lancé en 1998, s’était achevé le 31 décembre 2002.
(1)
EVOLUTION DES EFFECTIFS ET DES RESULTATS
DE GIAT INDUSTRIES
Résultats (millions
Effectifs
d’euros)
13 944
- 62
1991
13 452
- 78
1992
13 360
- 176
1993
12 664
- 445
1994
12 580
- 1 570
1995
11 812
- 300
1996
10 937
- 454
1997
10 251
- 139
1998
8 845
- 144
1999
7 717
- 280
2000
7 086
- 207
2001
6 288
- 118
2002
6 004
- 640
2003
5 521
- 80
2004
4 015
+ 12
2005
(1)
3 000
2006
(1)
2 880
2007
Prévisions
L’objectif de ces plans successifs a été d’adapter l’entreprise au nouvel
environnement stratégique. La fabrication de chars a été mise à mal depuis
l’effondrement du mur de Berlin, le risque d’une invasion terrestre par les pays de
l’est ayant pratiquement disparu. Tous les Etats européens ont, depuis, réduit leurs
commandes de blindés et entrepris la restructuration de leurs arsenaux. L’armée
française, qui avait prévu de s’équiper de 1 400 chars Leclerc pour remplacer les
— 10 —
AMX 30, n’en a finalement commandé que 406. La direction de Giat justifie son
plan de restructuration principalement par l’achèvement du programme Leclerc et
par « la surcapacité chronique de l’entreprise ».
Le plan « Giat 2006 » vise à concentrer les activités du groupe sur quatre
établissements principaux : Versailles-Satory, Bourges, La Chapelle-Saint-Ursin
et Roanne, les activités de Saint-Chamond, Tulle, Toulouse et Tarbes devant être
très fortement réduites. Le plan diminue de 70 % la surface totale des emprises de
Giat Industries, qui passent de 1 270 000 m² à 375 000 m² en juin 2006. La surface
des ateliers est réduite de 959 000 m² à 281 000 m² (-71 %) et celle des bureaux de
191 000 à 65 000 m² (-66 %).
2. Une nouvelle réduction drastique des effectifs
Ce nouveau plan prévoyait à l’origine la suppression de 3 950 emplois sur
6 250 entre 2003 et juin 2006. Le 16 mai 2003, un accord de méthode, signé avec
les représentants du personnel, a permis la nomination de deux cabinets d’experts
choisis par les syndicats : le cabinet Alpha et le cabinet Syndex. L’accord de
méthode prévoyait également l’ouverture d’une période de négociations de six
mois pendant laquelle aucune décision ne serait prise.
Le 1er septembre 2003, s’appuyant sur le travail des experts, les syndicats
ont présenté des propositions alternatives : admettant implicitement la nécessité de
réduire drastiquement les effectifs de l’entreprise, les partenaires sociaux ont
réfuté le nombre des suppressions d’emplois, n’en acceptant que 2 950, soit 1 000
de moins qu’annoncé par la direction.
Les négociations qui ont suivi la présentation de ces propositions
alternatives ont permis une légère évolution : la direction a accepté la sauvegarde
de 250 emplois supplémentaires, réduisant le nombre des suppressions de postes à
3 700, chiffre toujours trop important aux yeux des syndicats qui réclamaient un
nouvel effort à hauteur de 700 à 800 emplois supplémentaires.
Mais le plan « Giat 2006 » ne se réduit pas à des suppressions de postes. Il
poursuit la rationalisation de l’outil de production entamée en 1998, lors de
l’arrivée du nouveau président-directeur général, Luc Vigneron. Ainsi, en huit ans,
le nombre de sites de production a été de réduit de 12 à 4. Un seul site de
production de blindés (Roanne) subsiste au lieu de trois auparavant ; un seul site
de production d’armes est conservé (Bourges) contre trois auparavant ; enfin, deux
sites de production de munitions sont sauvegardés (La Chapelle Saint-Ursin et
Tarbes) au lieu de six auparavant.
La procédure a été qualifiée d’« exemplaire » par la ministre de la
défense : 21 réunions réunissant la direction et les partenaires sociaux ont été
tenues pendant la durée de l’accord de méthode. La direction de Giat Industries
affirme avoir pratiqué une transparence inédite en offrant aux partenaires sociaux
— 11 —
et aux deux cabinets d’experts un accès à un très grand nombre de documents, y
compris aux contrats signés et aux offres en cours.
Les syndicats contestent cette présentation : les réunions étaient trop
souvent programmées dans l’urgence, les ordres du jour parvenant parfois la veille
aux délégués du personnel dont beaucoup sont en province. Du reste, ces
rencontres n’ont pas permis une réelle évolution du plan proposé par la direction.
Selon les représentants du personnel, les propositions alternatives et concordantes
des cabinets d’experts n’ont pas été sérieusement examinées. Les documents
fournis par la direction n’étaient pas les plus pertinents, leur consultation ne
pouvait se faire qu’en présence d’un représentant de la direction et les entraves ont
été réelles. Dans le jugement qu’il a rendu en référé le 20 octobre 2003, le tribunal
de grande instance de Versailles a donné raison aux syndicats sur ce point.
B. LE VOLET HUMAIN DU PLAN « GIAT 2006 »
1. Le nombre de postes supprimés a évolué
Le nombre de suppressions de postes a été revu à la baisse en plusieurs
étapes. Annoncé à hauteur de 3 950 en avril 2003, ce chiffre a d’abord été réduit à
3 700 dès l’automne, puis porté à 3 500. Le 21 janvier 2004, la direction proposait
de réduire les pertes d’emplois à 3 400, chiffre se situant à mi-chemin entre le
projet de départ (3 950) et les souhaits exprimés par les syndicats (2 950). A la mifévrier, la direction faisait un nouvel effort et ne proposait plus que 3 250
suppressions d’emplois. En fait, compte tenu des départs naturels déjà enregistrés
depuis la présentation du plan, le nombre d’emplois à supprimer ne s’élevait plus
qu’à environ 3 100.
L’effectif cible de l’entreprise a ainsi été établi à 2 880 emplois à l’horizon
2006 au lieu de 2 400 emplois initialement prévus. Les effectifs concernés par les
mesures d’âge ont été portés de 680 à près de 1 300, soit un quasi-doublement par
rapport aux prévisions de départ. Il restait cependant plus de 2 100 personnes à
reclasser.
Dès la mise en œuvre du plan, la direction assurait que les possibilités de
reclassement dans l’administration s’élevaient à 2 850 postes pour les 1 100
ouvriers sous décret devant quitter l’entreprise (soit 2,5 emplois par intéressé) et à
1 300 postes pour les 200 fonctionnaires (6 postes par intéressé). En ce qui
concerne les 730 salariés sous convention collective appelés à quitter Giat
Industries, 2 300 possibilités de reclassement furent identifiées dans les bassins
d’emploi concernés.
Par ailleurs, la durée des congés de reclassement fut augmentée : alors que
la loi prévoyait l’obligation d’instaurer un congé de reclassement d’une durée
minimale de quatre à neuf mois selon les cas, la proposition de départ de la
direction de Giat Industries prévoyait la mise en place d’un congé de reclassement
de neuf à dix-huit mois. Des améliorations ont été apportées à cette proposition :
— 12 —
un congé préalable de réorientation professionnelle (CPRP) de neuf mois,
rémunéré à hauteur de 100 % du salaire de base, a été mis en place. Au cours de ce
congé, les salariés placés sous convention collective se voient proposer deux
emplois dans le secteur privé tandis que les ouvriers sous décret reçoivent deux
propositions d’emploi dans la fonction publique (dont un au ministère de la
défense) et deux dans le secteur privé. Tout manquement aux obligations de
proposition d’emplois entraîne le prolongement d’office du CPRP jusqu’à ce que
les emplois prévus aient été effectivement présentés aux salariés.
A l’issue du CPRP, si les emplois proposés ne satisfont pas les intéressés,
un congé de reconversion de six mois, rémunéré comme le CPRP à hauteur de
100 % du salaire est proposé. Ce congé de reconversion peut être suivi d’un
second congé de reconversion de trois mois rémunéré à hauteur de 75 % du
salaire.
2. Les possibilités offertes aux salariés perdant leur emploi
Deux cabinets de reclassement reconnus (BPI et Altedia) ont été retenus
avec un engagement pour tous les personnels : appliquer les meilleures pratiques
du secteur, quel que soit le statut. Les intéressés disposent de dix-huit mois pour se
reclasser, les quinze premiers mois étant rémunérés à hauteur de 100 % du salaire
d’activité, les trois derniers à hauteur de 75 %.
Pour les fonctionnaires détachés, 888 postes ont été recensés sur
l’ensemble du territoire national dont 412 dans les départements où Giat est
implanté ainsi que dans les départements limitrophes de ces implantations.
Dès l’origine, il a été admis que les ouvriers sous décret (OSD) pourraient
intégrer la fonction publique tout en conservant les conditions avantageuses de
leur système de retraite. 2 000 postes (dont 700 sur place ou dans des
départements limitrophes) ont été recensés pour la période 2003-2008. Il s’agit
généralement de postes techniques dans les services déconcentrés de l’Etat, dans
la fonction publique hospitalière ou dans la fonction publique territoriale. Le
gouvernement s’est engagé à présenter à chaque ouvrier quatre propositions
d’emploi dont une au sein du ministère de la défense, une dans une autre
administration et deux dans le secteur privé. Dès le début, 857 postes, dont 200 de
proximité, étaient immédiatement disponibles.
Les personnels sous convention collective devaient se voir proposer au
minimum deux postes dans le secteur privé. Possibilité leur a été donnée, en outre,
de postuler pour occuper les postes proposés aux OSD mais demeurés vacants.
Une formation est proposée en cas de besoin.
Une indemnité de départ représentant deux à trois ans de salaire est versée
aux personnels non-fonctionnaires acceptant leur transfert vers un des emplois
publics ou privés proposés. Cette indemnité est destinée à compenser la différence
de revenu entre le salaire versé chez Giat et leur future rémunération.
— 13 —
La grande majorité des salariés de Giat ont entre 40 et 50 ans. Le recours
aux mesures d’âge a été limité aux personnes âgées de plus de 55 ans. Le bénéfice
d’une mesure d’âge est incompatible avec l’obtention de l’indemnité de départ.
Ces conditions, particulièrement protectrices, ne peuvent évidemment
qu’être approuvées par l’ensemble des acteurs sociaux. Mais elles ne doivent pas
faire oublier tous les autres salariés qui perdent leur emploi sans ce filet de
protection, en particulier chez les sous-traitants.
C. TOUS LES SITES SONT CONCERNES
Les sites les plus touchés par les suppressions d’emplois sont SaintChamond et Tarbes.
– L’usine de Saint-Chamond, qui comptait plus de 1 000 employés à la
fin des années 90, puis encore 734 salariés en 2003, doit n’en conserver que 88 en
juillet 2006. Une société de mode, Idestyle, s’est implantée sur le site de Giat et
pourrait créer jusqu’à 80 emplois. Mais sur les 20 d’ores et déjà existants, aucun
n’est occupé par des salariés de Giat ; ces derniers ayant été rebutés par la perte de
salaire qu’ils auraient enregistrée ainsi que par une certaine mobilité géographique
qui leur aurait été réclamée.
– La situation de Tarbes est également très difficile : 1 455 salariés en
1998, 792 emplois en 2003 et seulement 150 à l’échéance du plan social. Mais ce
chiffre pourrait encore être abaissé à moins d’une centaine. La société Sagem, qui
avait annoncé la création de 150 emplois liés à la construction du laser Mégajoule,
n’a embauché pour l’instant que 46 salariés de Giat. Turbomeca, qui recrute dans
des métiers proches, a retenu vingt-deux salariés de Giat pour ses besoins qui
s’élèvent à environ 360 personnes sur l’ensemble de ses deux sites localisés à Pau.
Une société de démantèlement d’avions, SITA, pourrait créer plusieurs dizaines
d’emplois, mais à échéance de 2007, voire 2008.
– A Cusset, dans un bassin d’emploi sinistré, l’usine Manurhin, filiale de
Giat, est sur le point de fermer définitivement ses portes alors qu’elle comptait
encore 600 salariés en 1998 et 385 en 2003. L’échec de l’implantation de la
société de mécanique automobile Eurodec rend plus difficile encore la
reconversion des intéressés qui sont tous des salariés sous convention collective,
moins protégés que les ouvriers sous décret.
– A Roanne où est assemblé le char Leclerc, bien que la pérennité du site
soit assurée, la réduction des effectifs est drastique. Le nombre de salariés, qui
était déjà passé de 1 750 en 1998 à 1 200 en 2003, sera réduit à 535. Mais
l’implantation d’un commissariat de l’armée de terre (Escat) a déjà permis la
création de plusieurs dizaines d’emplois sur les 136 prévus à terme. La ville
bénéficie également de l’arrivée de la société de télémarketing Transcom qui a
créé environ 80 postes et dont le nombre de salariés devrait atteindre 400 à
— 14 —
l’horizon 2007. Toutefois, il semble qu’aucun de ces emplois, pour l’instant, n’ait
profité aux salariés de Giat.
– Le site de Tulle doit perdre 270 de ses 389 salariés. Mais dans cette
ville, la direction centrale du matériel de l’armée de terre propose une centaine
d’emplois aux anciens salariés de Giat, ce qui rend moins douloureux le plan
social.
– Le site de Toulouse, qui comptait encore 731 employés en 1998 et 430
en 2003 est désormais réduit à 125 salariés.
– L’établissement de Bourges perd 233 emplois sur 809 ;
– Le siège de Versailles Satory voit ses effectifs divisés par deux : 671
emplois sauvegardés sur 1 510 pourvus en 1998 et 1 241 en 2003.
– Avec la sauvegarde de ses 261 emplois et la modernisation de ses
installations, le site de La Chapelle Saint-Ursin, spécialisé dans les munitions,
est le seul véritablement épargné.
Enfin, à titre symbolique, le siège social du groupe Giat Système, soit
environ cinquante personnes, a été transféré de Versailles à Roanne.
D. L’ACTION DES PARTENAIRES SOCIAUX
1. Les critiques syndicales du plan « Giat 2006 »
Les organisations syndicales se sont rapidement déclarées sceptiques
quant aux résultats du plan de restructuration en général et du plan social en
particulier. L’absence, selon eux, de stratégie industrielle leur a fait craindre que
ce nouveau plan ne soit que le prélude à la disparition totale de l’entreprise.
Dénonçant le manque d’efforts entrepris pour diversifier la production, elles ont
regretté que certains secteurs compétitifs, comme les munitions de petit calibre,
aient été abandonnés au profit d’achats auprès de sociétés étrangères. Elles ont
également dénoncé le recours accru à la sous-traitance : seulement 10 % de la
valeur du futur véhicule blindé de combat d’infanterie (VBCI) proviendra de Giat,
90 % étant externalisé. L’outil de défense a un coût qui doit être accepté si l’on
veut sauvegarder une industrie nationale de l’armement, gage d’indépendance.
Dans le domaine social, les syndicats ont longtemps insisté principalement
sur la nécessité d’étendre les mesures d’âge qui sont les moins douloureuses pour
les intéressés. Soulignant les efforts consentis par les personnels depuis plusieurs
années, ils ont constamment mis en garde la direction contre les risques
d’explosion sociale de la part de salariés désespérés.
— 15 —
2. L’introduction d’une action en justice
Estimant n’avoir été ni convenablement informées ni suffisamment
entendues, les organisations syndicales ont déposé, devant le tribunal de grande
instance de Versailles, un recours afin de faire annuler le plan social de Giat. Ce
recours était assorti d’un référé.
Dans son jugement en référé du 20 octobre 2003, le tribunal de grande
instance de Versailles a noté « la difficulté de compilation des informations
communiquées ». Selon cette juridiction, « les observations des membres du
comité central d’entreprise amènent à s’interroger sur le caractère complet et
précis des informations délivrées aux instances représentatives du personnel ».
C’est pour cette raison que le tribunal a enjoint la société Giat Industries de
surseoir à la mise en œuvre du plan, dans l’attente du jugement définitif.
L’audience sur le fond, d’abord fixée au 9 décembre 2003 a été reportée
d’un commun accord au 2 mars 2004 pour permettre la poursuite des discussions
entre la direction et les représentants du personnel. Le jugement n’a, en fait,
jamais été rendu, les parties ayant fini par trouver un accord et les syndicats ayant
retiré leur plainte.
L’hypothèque judiciaire ayant été levée, la mise en œuvre du plan social a
démarré en juillet 2004 avec la publication de la liste de la première moitié des
postes supprimés. En octobre 2004, les notifications individuelles correspondant à
ces postes ont été adressées aux intéressés. L’année 2005 s’est déroulée selon le
même schéma : la deuxième liste des postes supprimés a été rendue publique en
juillet et les notifications individuelles ont été reçues par les intéressés en octobre.
E. L’ACTION MENEE SUR LES BASSINS D’EMPLOI
Giat Industries dispose d’une filiale, la Société financière régionale pour
l’emploi et le développement, la SOFRED, créée en 1994 pour faire face aux
conséquences des restructurations successives sur les bassins d’emploi concernés.
Sur un plan purement statistique, les résultats obtenus par la SOFRED semblent
corrects. Ils doivent néanmoins être tempérés par plusieurs éléments.
D’abord, le bilan des emplois créés se fait sur le long terme, plusieurs
années après la fermeture des sites. Or, les salariés de Giat qui perdent leur emploi
ont besoin d’en retrouver un rapidement.
Ensuite, les chiffres montrent que seulement 10 % des emplois créés par la
SOFRED sont réellement occupés par d’anciens salariés de Giat Industries, le
profil de ces derniers étant souvent peu compatible avec les postes proposés.
— 16 —
Enfin, il est très difficile de discerner les emplois réellement créés par la
SOFRED et ceux qui sont dus à l’action d’autres acteurs comme les services
préfectoraux et les élus locaux. Ainsi, pour ne prendre que les seuls exemples de
Cusset et de Roanne, il a semblé aux rapporteurs que beaucoup d’intervenants
différents, à commencer par la SOFRED, s’attribuaient un rôle déterminant dans
l’implantation de certaines sociétés…
La SOFRED bénéficie d’une bonne notoriété et joue un rôle de facilitateur
qui satisfait globalement les élus. Incontestablement utile sur le moyen ou long
terme pour aider à la revitalisation des bassins d’emplois sinistrés, elle n’apparaît
toutefois pas en mesure de reclasser rapidement les salariés de Giat dont les postes
sont supprimés.
Lors du lancement du plan « Giat 2006 », la SOFRED s’était fixée pour
objectif la création de 5 000 emplois dont la moitié aurait vocation à être occupée
par d’anciens salariés de Giat Industries.
— 17 —
II. — LA SITUATION EN JUIN 2006
A. UN BILAN STATISTIQUE RELATIVEMENT SATISFAISANT
Les statistiques fournies par la direction de Giat Industries ont été arrêtées
pour la plupart au 1er juin 2006. Elles seront probablement très proches des
chiffres qui seront publiés au 30 juin, date de la fin officielle du plan « Giat
2006 ».
1. Des chiffres encourageants
Dans la continuité de la tendance enregistrée depuis 2004, environ
45 nouvelles solutions de reclassement mensuelles ont été enregistrées au cours
des premiers mois de l’année 2006. Au total, sur les 2 163 salariés à reclasser,
1 827 ont désormais acquis une solution de reclassement contre 1 601 au 31
décembre 2005.
Un rapide calcul permet de constater que le taux de reclassement (salariés
ayant une solution par rapport au nombre total de salariés à reclasser) s’élève à
84,5 %, ce qui semble laisser de côté plus de 15 % du personnel concerné. La
réalité s’avère plus nuancée : 260 salariés dont le poste est appelé à disparaître ne
sont pas encore entrés dans le processus de reconversion, ou viennent tout juste de
l’intégrer. Parmi eux, les 229 derniers intéressés intègreront, au 1er juillet 2006, le
congé préalable de réorientation professionnelle (CPRP) destiné à faciliter leur
reclassement. Ces personnes qui auront travaillé jusqu’au dernier jour du plan
« Giat 2006 » dans la société, ne pouvaient, par définition, trouver d’emploi avant
cette date.
Un autre indicateur, celui des personnes reclassées par rapport aux
personnes ayant déjà intégré le processus de reclassement, apparaît plus pertinent.
Il fournit un résultat de 92 %, bien meilleur que le premier.
— 18 —
SALARIES AVEC SOLUTION ACQUISE AU 31 MAI 2006
Total des
salariés à
reclasser
Bourges
Cusset
La Chapelle
Roanne
St Chamond St Etienne
Satory
Siège
Tarbes
Toulouse
Tulle
Total Giat
103
180
2
414
Salariés avec solution acquise
Conventions
Fonctionnaires
Ouvriers sous
collectives
détachés
décret
22
7
65
128
1
79
41
293
Total des
salariés avec
solution
94
128
1
413
255
84
7
86
177
289
96
467
222
135
2 163
201
73
82
110
6
786
80 %
17
0
28
10
19
129
96 %
45
0
251
63
109
912
88 %
263
73
361
183
134
1 827
84 %
La place dans la hiérarchie de l’entreprise n’a que peu d’influence sur la
facilité de reclassement et les résultats apparaissent homogènes entre grandes
catégories hiérarchiques : 84 % des ingénieurs et cadres, 85 % des employés,
techniciens et agents de maîtrise (ETAM) et 84 % des ouvriers disposent au 31
mai d’une solution acquise.
SALARIÉS RESTANT À RECLASSER AU 31 MAI 2006
Bourges
Cusset
La Chapelle
Roanne
St Chamond St Etienne
Satory
Siège
Tarbes
Toulouse
Tulle
Total Giat
Total des
salariés à
reclasser
Conventions
collectives
Fonctionnaires
détachés
Ouvriers sous
décret
103
180
2
414
7
52
1
5
1
1
0
-4
Total des
salariés
restant à
reclasser
9
52
1
1
255
32
1
45
78
289
96
467
222
135
2 163
23
23
25
31
1
200
20 %
0
0
4
0
0
6
4%
3
0
77
8
0
130
12 %
26
23
106
39
1
336
16 %
Salariés restant à reclasser
— 19 —
2. Les faits marquants enregistrés depuis le début de l’année
2006
Dans le bassin d’emploi sinistré de Vichy, le relais mobilité de Cusset
obtient de bons résultats. Sur les 40 salariés entrés dans le dispositif en janvier
2006, 20 ont rapidement été reclassés, ce qui porte à 128 le nombre des salariés
ayant trouvé une solution depuis le début du plan social. Sur un total de 180
salariés perdant leur emploi, il en reste donc 52 en recherche de solution au 31 mai
2006.
Un effort tout particulier a été consenti par le ministère de la défense sur le
site de Tarbes où un peu plus de 100 salariés restent à reclasser. Des hauts
fonctionnaires de la Direction de la fonction militaire et du personnel civil se sont
déplacés auprès des états-majors régionaux de l’armée de terre pour sensibiliser
les responsables militaires à l’importance du reclassement des salariés de Giat
Industries. Une offre conséquente a ainsi pu être présentée aux partenaires sociaux
de Tarbes, même si tous les postes ne sont pas dans les environs immédiats de la
ville. Peut-être appartient-il désormais aux salariés de faire preuve de davantage
de mobilité, quitte à demander à la direction de l’entreprise un nouveau geste
incitatif. Il faut rappeler qu’il existe déjà un certain nombre d’aides à la mobilité
des salariés. Sur le plan statutaire, Giat Industries n’est pas tenu de proposer aux
ouvriers sous décret des postes de proximité.
Des postes libérables en 2007 ont également été sélectionnés de manière à
ce que des salariés de Giat puissent d’ores et déjà présenter leur candidature. Giat
prendrait en charge le salaire des intéressés pendant la période intermédiaire, en
attendant que les postes en question se libèrent. L’objectif est d’éviter que les
salariés ne sortent, même momentanément, du monde du travail et ne se retrouvent
demandeurs d’emploi.
Le ministère de la défense reste également un partenaire privilégié pour le
site de Saint-Chamond où 78 salariés restent à reclasser au 31 mai 2006 contre
100 au 31 décembre 2005. En acceptant de recruter exceptionnellement, en 2006,
50 salariés relevant des conventions collectives, en plus des 50 embauches déjà
autorisées en 2005, le ministère de la défense contribue largement au reclassement
des salariés de Cusset et Saint-Chamond.
Un nouveau décompte des postes proposés par le ministère de la défense à
Saint-Chamond sera réalisé au cours du mois de juillet. Il s’agira probablement de
la dernière action d’ordre collectif, les autres solutions proposées relevant
désormais de l’ordre individuel.
— 20 —
3. Le rôle exemplaire du ministère de la défense
Le ministère de la défense reste, de loin, l’administration qui propose le
plus d’emplois. 1 400 postes ont ainsi été recensés dans les bassins d’emplois
concernés, ainsi qu’un millier d’autres dans le reste du pays. Une des difficultés
concerne la définition des « bassins d’emploi » en question : le ministère évoque
une vaste « zone Sud-ouest » qui s’étend de Bordeaux à Toulouse en englobant
Tarbes, et qui propose plusieurs centaines d’emplois. Or, la mobilité des salariés
de Giat Industries s’avère relativement faible. Les emplois proposés à Pau, situé à
environ 35 kilomètres de Tarbes, ne trouvent pas toujours preneurs. Difficile dans
ces conditions d’évoquer ceux proposés à Bordeaux ou à Montauban.
SOLUTIONS ACQUISES PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ
Total
Reclassement
Défense
Reclassement
fonction publique
d’Etat
Reclassement
fonction publique
hospitalière
Reclassement
fonction publique
territoriale
Reclassement en
secteur privé
Projets personnels
Essaimage, création
d’entreprise
Formation
Départs pour
travaux insalubres
Conventions
collectives
786
Fonctionnaires
détachés
129
Ouvriers
sous décret
912
Total
140
115
573
828
45 %
6
2
36
44
2%
14
2
21
37
2%
30
5
18
53
3%
455
5
68
528
29 %
72
0
12
84
5%
63
0
23
83
5%
9
0
18
27
1%
0
0
143
143
8%
1827
Le constat de la direction de Giat, sur plusieurs points, rejoint celui de la
plupart des observateurs : si le ministère de la défense consent des efforts
significatifs, il n’en est pas de même des autres administrations qui n’ont reclassé,
pour l’instant, que 134 salariés de Giat, ce qui représente seulement 7 % des
personnels ayant trouvé une solution identifiée.
— 21 —
4. La mauvaise volonté de certaines administrations
Au 15 mai 2006, les autres administrations ne proposaient que 56 postes
sur l’ensemble des bassins d’emplois concernés. Sur ces 56 postes, 11 seulement
étaient offerts dans la fonction publique d’Etat, chiffre qui apparaît
particulièrement faible. Seul le ministère de l’Equipement semble avoir joué le
jeu, ce qui lui permet d’échapper à la critique syndicale. Mais les recrutements
réalisés par les ministères de la justice, de l’intérieur, de l’agriculture, de
l’éducation nationale et des finances se compte